L’anxiété de séparation est un trouble du comportement qui s’exprime par des signes de détresse lorsque le chien est séparé de ses maîtres ou des personnes auxquelles il est très attaché.

En l’absence des maîtres, le chien détruit alors tout ce qu’il a sous sa « patte » ou sa mâchoire, il aboie également et fait ses besoins dans toute la maison.

Quand les maîtres sont présents, ce sont des chiens que l’on dits « collants », qui sont toujours avec leur maître et qui sollicitent sans arrêt celui-ci. Ils s’adonnent fréquemment à des activités de substitution comme le léchage des pattes par exemple.

Il faut savoir que les jeunes chiots sont totalement dépendants des soins maternels durant les premières semaines de leur vie. L’attachement est un lien apaisant qui lie le chien à un objet ou à un être particulier. Il débute avec la mère, puis se prolonge avec la famille d’accueil.

La mère apprend à ses chiots à se détacher progressivement d’elle. Mais les chiots arrivant dans une nouvelle maison, avec de nouveaux propriétaires, s’attachent très vite à un ou plusieurs individus. Les propriétaires font souvent l’erreur de trop « chouchouter » le chiot à son arrivée (caresses et câlins dès que le chiot les réclame, installation du panier dans la chambre, etc…) et n’effectuent pas le « rejet » nécessaire à la prise d’indépendance du jeune chien. De ce fait, lorsque le chien voit alors partir son seul repère, c’est-à-dire son maître, il devient hyper anxieux et manifeste sa détresse en détruisant et en aboyant.

Par ailleurs, certains comportements du maître favorisent cette anxiété comme les rituels de départ et ceux de retour. Par exemple, le rituel de retour : le chien fait la fête à son maître et vice-versa. Comme le maître culpabilise d’avoir laissé son chien, il répond à ses sollicitations et le chien associe donc le retour de son maître à un apaisement.

En rentrant, il faut garder son calme, ignorer le chien, l’envoyer se coucher gentiment dans son panier et nettoyer les dégâts s’il y a (mais pas devant lui).

Pour apprendre le détachement à un chien, il faut :

– Ne pas le laisser passer la nuit avec vous sur le lit ou même dans la chambre. Il faut qu’il dorme dans une autre pièce (ou alors dans une cage que vous déplacerez rapidement ailleurs après les premières nuits)

– Ne pas répondre systématiquement aux sollicitations du chien quand il vient chercher des caresses, par contre allez vous-même le chercher pour jouer, le caresser…C’est toujours vous qui devez initier le contact avec le chien.

– Essayer de passer un peu de temps dans la pièce où vous désirez l’enfermer, et cela notamment avant de le quitter (du moins au début)et à d’autres moments afin qu’il n’associe pas la mise dans cet endroit avec votre départ ; essayez de l’habituer à y passer de plus en plus de temps, même si vous êtes là ; attention : ignorer votre chien pendant une bonne demi-heure avant de partir.

Avant de partir, laissez-le dans cet endroit, mais ne restez pas trop loin afin qu’il sache que vous êtes là, pendant au moins dix minutes. Cela le rassurera et lui évitera encore d’associer cet endroit avec votre absence.

S’il pleure, vous ne devez pas répondre à ses appels, même pour le réprimander, car il associera votre retour à ses cris et non pas à la réprimande ! Il va donc recommencer à chaque fois.

Lorsque vous venez le rechercher, ne lui faites surtout pas des fêtes et ne le laissez pas vous en faire : ignorez-le pendant dix bonnes minutes et repoussez-le s’il cherche le contact ; ainsi, il n’associera pas votre retour et sa libération avec des câlins.

Si le chien a fait des dégâts, ne le grondez pas et ne nettoyez pas devant lui : il ne comprendrait pas et serait davantage anxieux.

Il est indispensable, si les problèmes persistent au delà de l’âge de 4 mois, de consulter un comportementaliste voire un vétérinaire.

 

La Psychologie du chien : Stress, anxiété, agressivité

Claude Beata

Voir aussi : http://www.vox-animae.com/langoisse-de-la-solitude

 

Laisser un commentaire

'
%d blogueurs aiment cette page :