Les phéromones sont des substances chimiques produites par le chien, mais aussi par d’autres animaux et l’homme. Elles sont sécrétées par diverses glandes et modifient le comportement du sujet qui les perçoit. Elles transmettent des messages qui informent le récepteur de l’état physiologique et du statut social de l’émetteur. Il s’agit donc d’une forme de communication, la plus ancienne existant chez les êtres vivants.

La perception des phéromones ne se fait pas de la même manière que celle d’autres odeurs; en effet, les phéromones agissent directement sur l’organe voméronasal, appelé également organe de Jacobson . Nous vous avons déjà parlé de cet organe dans les articles sur les sens du chien ( odorat) et le pistage .Cet organe est un récepteur sensoriel situé dans la partie antérieure du palais. Il n’est pas facilement accessible durant la respiration normale ; pour être stimulé, il doit être ouvert. Les odeurs des phéromones semblent être le stimulus qui induit l’ouverture de cet organe ; la plupart des informations sont alors transmises au système limbique (appelé également « cerveau émotionnel ») et provoquent de rapides modifications de l’état émotionnel.

Lorsqu’ils reniflent des phéromones, la plupart des mammifères utilisent une mimique caractéristique appelée « Flehmen ». Cette mimique consiste à relever la lèvre supérieure, gueule entrouverte, tout en aspirant l’air afin d’amener les phéromones jusqu’à l’organe de Jacobson. Chez le chien, le « Flehmen » n’est pas été décrit de façon aussi spectaculaire que chez ces autres espèces. On peut, par exemple, voir qu’un chien qui renifle des déjections halète en relevant la lèvre supérieure et en plissant la truffe ; certains font également des mouvements de langue contre les incisives, voire de légers léchages des babines accompagnés du gonflement des joues.

Chez le chien, les organes sécrétant des phéromones sont :

• Les glandes sébacées placées dans le sillon inter mammaire : elles sécrètent les fameuses phéromones d’apaisement, qui favorisent l’apparition du lien d’attachement primaire entre les chiots et leur mère ; les sécrétions commencent 3 à 4 jours après la mise bas et se terminent 2 à 5 jours après le sevrage. Des phéromones d’apaisement ont été synthétisées en laboratoire (sous le nom de D.A.P.) et sont commercialisées sous forme de diffuseur. Elles sont utilisées pour faciliter l’adaptation du chiot au nouvel environnement lors de son adoption par le maître ou en médecine comportementale en cas de phobie ou d’état anxieux apparaissant lorsque le chien doit rester seul à la maison.

• Les glandes faciales : réparties dans le menton, les lèvres, la peau du museau, la région des vibrisses (longs poils qui se trouvent autour du museau) et des joues. C’est justement pour « sentir » ces phéromones que les chiens se reniflent cette zone du corps.

• Les glandes cérumineuses disposées dans le pavillon auriculaire : ces phéromones sont semblables à celles sécrétées au niveau du sillon inter mammaire de la femelle et, comme ces dernières, elles apaisent les chiens qui les perçoivent.

• Les glandes des sacs anaux – glande supracaudale – glande subcaudale : toutes ces zones sont soigneusement explorées par les chiens lorsqu’ils se rencontrent car les phéromones émises fournissent une indication du rang social de l’animal (celles des glandes faciales remplissent également cette fonction). Les sécrétions des glandes anales contiennent des données qui, une fois décodées par le chien récepteur, l’informent du statut sexuel de l’émetteur.

• Les glandes interdigitées : elles sont situées au niveau des coussinets plantaires et des espaces interdigités. Les phéromones émises par ces derniers renseignent sur le statut social de l’animal, tandis que celles des coussinets plantaires sont dites « phéromones d’alerte » et sont sécrétées lorsque le chien a peur afin de prévenir les autres du danger. Pour conclure, rappelons que les selles et les urines contiennent des phéromones, ce qui explique l’intérêt de notre compagnon à quatre pattes pour ces excréments.

Donc ces phéromones fournissent des informations sur l’identité de leur émetteur, son sexe et son état physiologique. Grâce à leur déposition, les mâles peuvent, par exemple, prendre connaissance du fait qu’une femelle vient de passer et qu’elle est en chaleur.

Elles donnent des renseignements concernant l’occupation d’un territoire, par exemple, que la meute voisine vient de se réinstaller dans les environs puisque les marquages sont frais.

Elles peuvent prévenir d’un danger en indiquant que l’émetteur était sous l’emprise de la peur lors de leur déposition. On a, par exemple, observé que les congénères s’approchaient avec réticence des endroits souillés par un chien pris de panique.

Elles permettent à un animal se trouvant dans un nouvel environnement de se rassurer en s’entourant de ses propres odeurs.

 

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